Qui suis-je ?

Bonjour à toi, cher fonctionnaire !

Tu viens de découvrir le blog et tu te demandes peut-être qui se cache derrière ? Alors comme je ne suis pas très à l’aise avec l’idée d’étaler ma vie, je n’ose pas trop me dévoiler. Mais je peux quand même te confier deux ou trois anecdotes sur mon parcours, qui te permettront de mieux me cerner.

Je suis enseignante
mais j’aspire à autre chose

Je suis professeur des écoles, mais j’aime bien dire « instit », je trouve ça plus sympa. C’est peut-être une question de génération aussi. Je suis née en 1975 et j’ai passé le concours en 1997, après une licence d’anglais. À l’époque, on se formait dans les IUFM (j’ai l’impression d’être un dinosaure quand je dis ça !). Bon, ce n’était quand même déjà plus les Écoles Normales… C’était l’aboutissement d’un parcours choisi depuis le lycée. À l’époque (sic !), je savais que j’avais besoin d’une licence, n’importe laquelle, pour pouvoir intégrer l’IUFM. Alors, de façon très calculée, je m’étais dit : « Bon, dans quelle filière est-ce que j’ai le plus de chances de réussir mes trois ans de fac le plus rapidement possible, sans redoubler ? » C’est comme ça que j’ai choisi de me lancer dans des études d’anglais. Comme prévu, j’ai enchaîné mes trois années et j’ai décroché ma licence. Ma première année d’IUFM a réellement été une révélation pour moi. Je savais que ça me plairait, mais je suis subitement devenue une excellente élève (jusque-là, je m’en étais toujours sortie avec 10 ou 11 de moyenne). J’ai décroché le concours en étant reçue à la 50e place sur 1000 reçus (4000 candidats).

J’ai enseigné un certain nombre d’années, en ville, à la campagne, de la maternelle au CM2, en niveau simple, double et même triple. J’ai travaillé à temps plein et à temps partiel. J’ai enseigné ailleurs qu’à l’Éducation nationale, pendant une de mes disponibilités, et j’ai même exercé un autre métier temporairement (je vais en parler dans mes articles, sois patient !)

Mais aujourd’hui, j’aspire à autre chose. J’ai d’autres projets, je vois plus grand, je vois plus loin. J’aime l’enseignement, ce n’est pas la question. Mais je ressens le besoin d’aller voir ailleurs, de créer d’autres valeurs, de m’épanouir autrement. Je ne regrette rien de ma vie professionnelle, je ne souhaite formuler aucun grief : je veux juste regarder devant, je veux construire encore.

Je souhaite changer de métier
mais mon entourage ne me comprend pas

Seulement voilà : quand j’ai annoncé à mes proches que je souhaitais quitter la Fonction publique, et a fortiori l’enseignement (« avec toutes les vacances que tu as ! »), je me suis heurtée au mieux à de l’incompréhension, au pire à de l’hostilité. J’ai même eu l’impression que j’étais coupable d’une trahison ! Alors bon, pour être tout à fait honnête, la surprise et l’inquiétude passées, certaines personnes parmi mes proches m’ont quand même soutenue dans ma démarche. Mais pas toutes, loin de là. Je reviendrai sur tout cela dans mes articles.

Mais j’ai aussi eu l’occasion d’apprendre qu’on obtenait jamais rien de bon à attendre l’aval des autres. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de me rendre compte qu’il est n’est jamais bon de laisser les autres prendre les décisions à notre place. Mais s’affirmer est difficile. Dire vraiment ce que l’on veut, et surtout se mettre en action, c’est parfois extrêmement difficile. Cela commence déjà par oser dire les choses ; et rien que ça, ça peut déjà être inconfortable. À ce sujet, j’ai une anecdote plutôt rigolote, mais qui illustre parfaitement bien le sujet.

À un Noël, ma grand-mère maternelle a gentiment offert un ballotin de chocolats à chaque membre de la famille. Enfin, ce n’était pas forcément des chocolats, mais ça provenait d’un chocolatier réputé. Elle a essayé de faire en fonction des goûts de chacun : certains ont eu un ballotin de chocolat avec un peu de liqueur, d’autres sans alcool, pour d’autres c’était des marrons glacés ou des pâtes de fruits. Pour mon père (son gendre, donc), elle ne savait pas trop quoi prendre, elle ne connaissait pas suffisamment ses goûts. À tout hasard, elle lui a offert un ballotin d’orangettes, ces petits bâtons d’orange confite enrobés de chocolat. Après les remerciements d’usage, elle a demandé à mon père si ça lui convenait, s’il aimait les orangettes. À vrai dire, mon père n’aimait pas particulièrement les orangettes, mais il pouvait en picorer une pour faire bonne figure. Et comme il ne voulait pas se montrer impoli, il a acquiescé. Depuis lors, tous les ans, invariablement, mon père a eu droit à son ballotin d’orangettes de la part de sa belle-mère, qui était persuadée faire énormément plaisir à son gendre. Cela nous faisait beaucoup fait rire, et on le charriait avant chaque Noël parce qu’on savait qu’il aurait droit à son ballotin ! Et plus le temps passait, plus il devenait difficile pour lui d’avouer à sa belle-mère qu’il n’aimait pas ça. Depuis, ma grand-mère est morte ; elle n’a jamais su que son gendre n’aimait pas les orangettes !

Je dois apprendre à dire les choses
et à prendre des décisions

Plusieurs conclusions peuvent être tirées de cette histoire :

– Si on ne dit pas les choses au moment où on doit le faire, ça devient ensuite de plus en plus difficile ; je ne dis pas que c’est impossible, je dis juste qu’on risque de s’enfoncer dans une situation qui peut devenir très inconfortable. Bon, pour les orangettes, ça ne portait pas à conséquence et c’était même totalement anecdotique. Mais ça illustre bien le piège de ne pas dire les choses. Et parfois, la première difficulté est de se les dire à soi-même…

-Attendre que les autres prennent les décisions qui nous concerne est une grossière erreur. C’est sûr, l’idéal pour mon père aurait été que ma grand-mère prenne la décision de ne plus lui offrir d’orangettes. Ou que d’autres jouent les intermédiaires pour lui sauver la mise ! Mais ça ne s’est pas produit. Je ne peux pas affirmer que c’est ce qu’il aurait voulu, mais je le crois quand même… Ca aurait été tellement plus simple pour lui ! La morale de cette histoire est la suivante : quand on est concerné par un problème, il faut s’en occuper soi-même. Compter sur l’intervention miraculeuse d’une tierce personne n’est pas sérieux. Et selon les circonstances, cela peut avoir des conséquences autrement plus importantes que de se retrouver avec un ballotin d’orangettes au pied du sapin !

Bon, je me suis un peu éloignée de l’enseignement et des décisions à prendre quand on souhaite autre chose. Mais maintenant que tu as lu cette histoire qui fait partie de mes souvenirs d’enfance, je suis sûre que tu t’en souviendras toutes les fois où tu seras tenté d’attendre que la décision vienne des autres, alors que c’est toi qui es au cœur du sujet.

Je suis en disponibilité
et je teste de nouvelles possibilités

Et finalement, j’en suis où ? Eh bien pour l’instant, je suis toujours à l’Éducation nationale. Je suis en disponibilité pour convenance personnelle, après avoir été en disponibilité pour élever un enfant de moins de 8 ans. Là encore, je reviendrai sur tout cela, je t’expliquerai les modalités si tu le souhaites. Je ne sais pas si je démissionnerai un jour ; ce que je sais en revanche, c’est que j’ai besoin d’entreprendre, au sens large du terme (je veux dire « entreprendre de grandes choses »). J’ai déjà testé différentes stratégies, comme enseigner ailleurs ou exercer un autre métier pendant une disponibilité, mais je sais que je suis sur un chemin semé d’embûches. La bonne nouvelle, c’est que les embûches sont surtout dans ma tête, ce qui signifie qu’il ne tient qu’à moi de les dépasser. Chaque obstacle, chaque blocage, est une orangette en travers de mon chemin…

Alors si tu te reconnais dans mon parcours ou dans mes aspirations, n’hésite pas à venir souvent prendre des nouvelles de mon cheminement sur ce blog. Tu peux aussi m’écouter sur le Podcast audio « Non je ne suis pas folle », ou t’abonner à la chaîne YouTube du même nom. J’ai également créé une page Facebook et un compte Twitter, mais je dois bien admettre que je n’y suis pas très active pour le moment. Mais tu peux toujours me dire s’il y a un format que tu préfères particulièrement.

Et si ce blog « te parle », dis-le moi !